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15 mars 2012

Le fardeau des aidants à domicile

Estimer la « charge ressentie » de l’entourage des personnes âgées dépendantes vivant à domicile, c’est le très intéressant exercice auquel s’est livrée la Drees dans une récente étude. Où l’on apprend que 20 % des 3,4 millions d’aidants qui accompagnent un proche âgée dans les taches de la vie quotidienne ressentent une charge importante. Et que l’intervention des professionnels n’est pas forcément vécue comme un soulagement.  

D’abord, le panorama général : il y 4,3 millions d’aidants en France, dont 3,9 qui apportent une aide à la vie quotidienne – les autres apportant aide financière, matérielle ou soutien moral. Parmi ces 3,9 millions, 3,4 accompagnent un seul proche âgé à domicile dans les taches de la vie quotidienne.

Ce sont ces 3,4 millions-là que la Drees a ausculté, souhaitant connaître leur « charge ressentie », c’est-à-dire l’ensemble des conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, sociales et financières de l’accompagnement, telles qu’ils les vivent. A la suite d’un calcul savant (définition d’un indice de charge dont nous vous épargnons la définition mais que vous pouvez retrouver dans le document (1)), la Drees aboutit à la conclusion que 2,7 millions d’aidants supportent « tout au plus » une charge légère, et 690 000 une charge importante (moyenne ou lourde).

Sans surprise, plus la charge ressentie est importante, plus la fatigue, la dépression et le stress sont au rendez-vous. Plus, aussi, les aidants font passer leur santé après celle de leur proche. Plus, enfin, ils ressentent un fort sentiment de solitude : 83% des aidants qui ressentent une charge lourde éprouve ce sentiment, contre 7% des aidants sans charge ressentie.

Mais l’enquête Drees tord aussi le coup à quelques idées reçues. D’abord, l’intervention des professionnels au domicile n’est pas forcément vécue comme un soulagement : elle ajoute même à la charge ressentie de certains car la présence de nouveaux acteurs implique une gestion accrue de l’organisation de l’aide. C’est, en effet, parfois l’aidant qui joue le rôle de coordinateur entre les différents professionnels. Autre surprise, l’ancienneté de l’aide – sa durée pour être clair – n’est pas un facteur aggravant : toutes choses égales par ailleurs, il n’y a pas d’effet d’usure qui viendrait alourdir la charge, note la Drees. De même, le fait de cohabiter avec la personne aidée n’est pas un facteur déterminant de la charge ressentie.

Alors que l’aide aux aidants est sur toutes les lèvres, et se développe, ici et là, à vitesse grand V, cette étude de la Drees apporte un éclairage nouveau, et du coup, peut donner des idées. 

Pour en savoir plus, lisez le Journal du Domicile & des services à la personne d’avril.

(1) « Aider un proche âgé à domicile : la charge ressentie », Etudes et résultats n°799, Drees.   


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