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3 mars 2020

Olivier Véran :
un médecin-ministre

Olivier Véran a été nommé ministre des Solidarités et de la Santé en remplacement d’Agnès Buzyn partie à la conquête de la Mairie de Paris. Excellent connaisseur du sujet, c’est donc à lui désormais que revient la responsabilité de conduire à son terme la loi Grand Âge.

Ça n’a pas traîné : à 15h00, Agnès Buzyn annonçait qu’elle était candidate à Paris. A 20h00, Olivier Véran était nommé Ministre des Solidarités et de la Santé. Il ne pouvait en être autrement. En pleine épidémie de Coronavirus, il aurait été inexplicable que la Ministre de la Santé ne le soit qu’à mi-temps. Et intolérable que la vacance du poste dure au-delà de quelques heures.

Le Président de la République a alors fait le choix le plus évident : nommer celui qui en rêvait depuis 2017, celui qui fut durant la campagne présidentielle le porte-parole Santé du candidat Macron. Un médecin lui aussi. Neurologue au CHU de Grenoble, il est remarqué par la députée socialiste locale Geneviève Fioraso qui lui propose en 2012 d’être son suppléant. Le genre de fonction qui normalement vous assure l’anonymat le plus complet sauf… quand votre députée à la bonne idée de devenir ministre. Dès lors, le jeune Olivier Véran, 32 ans, devient député et siège à l’Assemblée nationale de 2012 à 2015. Suffisamment pour prendre goût à la politique, passer du PS à la République en Marche et se faire élire sur son nom cette fois aux législatives de 2017. Alors que tout le monde le donne ministre de la Santé, il se fait coiffer au poteau par Agnès Buzyn qui, à l’époque en tout cas, ne s’était jamais investi en politique. Il guigne ensuite la présidence de la commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale. Cette fois, c’est Brigitte Bourguignon, ancienne PS comme lui, qui lui grille la politesse. Mais au lieu de bouder, Olivier Véran joue la loyauté. Il devient rapporteur général du PLFSS et va, à force de boulot, devenir un interlocuteur incontournable du Gouvernement sur tous les sujets sanitaires et sociaux.

Sa nomination a aussitôt suscité des réactions plutôt positives notamment dans le secteur hospitalier. Logique pour celui qui fut autrefois porte-parole de l’Intersyndicale nationale des internes des hôpitaux et qui est donc considéré par les médecins hospitaliers comme l’un des leurs.

Mais sachant qu’il était surtout connu pour ses compétences dans le domaine de la santé, le nouveau Ministre avait besoin de donner des gages au secteur « personnes âgées ». C’est pourquoi il a réservé sa première sortie publique à une association d’aide à domicile située à Boulogne-Billancourt. Il s’y est rendu le jeudi 20 février accompagné par Myriam El Khomri, l’ancienne ministre, récente auteure d’un rapport sur les métiers du grand âge et Marie-Anne Montchamp, présidente de la CNSA. Cette visite a t-il précisé « c’est l’occasion pour moi de rappeler ma détermination à ce que le projet de loi sur l’autonomie soit présenté en Conseil des Ministres le plus rapidement possible avant l’été »… On fera dès lors le pari qu’il n’avait pas bien lu sa fiche puisque, quelques semaines avant, le Premier Ministre avait, lui, annoncé que ce Projet de loi serait présenté en Conseil des Ministres « pendant l’été ». Un petit mot de différence certes mais qui peut se traduire par un décalage de trois mois…

Il en a profité également pour indiquer que la conférence sociale promise par Agnès Buzyn en novembre serait réunie prochainement. Et a tenu à préciser qu’il conservait au sein de son Cabinet les mêmes conseillers que ceux qui officiaient précédemment auprès d’Agnès Buzyn. Un gage de continuité pour préparer désormais l’étape de la loi Grand Âge qui devrait être non plus la « Loi Buzyn » mais la « Loi Véran » !


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